La télévision publique H1 viole les normes internationales en matière de liberté d’expression

Le 11 mars 2016, Siranouch Mouradian, journaliste pour la chaîne de télévision publique H1 a fait appel à Tigran Egorian, l’avocat principal de notre organisation, en lui proposant une interview dans les locaux de l’Association Europe en droit. En réponse à la question de Egorian, Mouradian a déclaré que son discours devrait durer trois minutes. Sachant le peu de temps nécessaire pour la réalisation du reportage, l’entretien a débuté vers 19h00. Egorian a accepté les conditions proposées et a évoqué le nouveau Code électoral pendant l’interview filmée par l’opérateur et enregistrée par Mouradian et lui-même. L’interview a duré trois minutes comme prévu. Mouradian a posé plusieurs questions pendant environ quarante minutes et a assuré que seules les trois minutes seraient gardées. Egorian a évoqué la nécessité de publier les listes d’électeurs, faisant référence à différents aspects de la question, sans que ses propos n’apparaissent durant le reportage de neuf minutes. Ce dernier semble traiter de Davit Haroutiounian le présentant comme un « parrain ». La journaliste effectuait des vérifications pendant environ cinq minutes sur le fait que ni Egorian ni l’Initiative « Citizen Observer » n’avaient été introduits. Au lieu de cela, le visage de Egorian n’est filmé qu’une fois quand, dans le contexte de la participation et de la limitation du nombre d’observateurs, on entend ce qui suit : « Quel est l’objectif de cette limitation? » demande l’Initiative, bien que Egorian n’ait pas abordé la question du nombre d’observateurs lors de l’interview.

En se comportant ainsi, la journaliste a vraissemblablement mal interprété le commentaire de Tigran Egorian, ne présentant ainsi que sa mauvaise interprétation aux téléspectateurs. Outre le fait qu’il s’agisse d’un journalisme irresponsable, une telle intervention montre aussi que Mouradian a essayé de ne pas traiter d’une question aussi importante que la publication des listes d’électeurs. Elle a donc eu l’intention de détourner l’attention du public des questions concernant les observateurs, les journalistes et les représentants des médias.

Il est un fait que H1 ne fournit pas d’information objective et impartiale depuis maintenant longtemps. La chaîne de télévision ne sert pas non plus les intérêts des citoyens (les impôts de ces derniers ne faisant que la financer), mais celui du gouvernement. Ce cas montre clairement que la publication de listes d’électeurs est le principal problème des discussions sur le projet du Code électoral. H1 fait également partie de ceux qui cherchent à éviter les échos de cette question et d’autres, en utilisant une ruse inappropriée. Cela viole les droits et intérêts de la personne qui a accepté de participer à l’interview ainsi que celui du public. Ces droits sont protégés par l’article 42 de la Constitution de la République d’Arménie et par l’article 10 de la Convention de sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés fondamentales.

Par conséquent, nous demandons à H1 de publier l’interview filmée avec Egorian dans un délai de trois jours, en fonction du moment de la publication du rapport et d’autres critères essentiels concernant la publication de listes d’électeurs dans le cadre du Code électoral.

PS: cette demande a déjà été envoyée à l’adresse électronique de la télévision publique.