«Je voulaisvivredansunpaysoùilestpossible de créer en paix». Sarkis Babayan, sculpteur

Le sculpteur Sarkis Babayan a étégrièvementblessé au dos et auxjambes le 16 avril 2018 surl’avenueBaghramian, àErévan.

Il avaitparticipéce jour à l’inauguration de sonexposition au 36 rueIsahakian, aprèsquoiils’estrenduPlace de France, près de l’Opéra,pourrejoindre le mouvementpopulaire.

«J’airejoint le mouvementcar je voulaisvivredansunpaysoù les frontières de l‘Étatsontprotégées, oùl’éducationest de qualité, où les valeursprédominent et rendent la vie plus facile et oùilestenfinpossible de créer en paix et de fonderunefamille »déclareBabayan, se rappelant des participants de la manifestationquise sontdirigésversl’Assemblée nationale les braslevés.

« Près de la maison-musée d’AramKhatchatourian, les participantsontétéaccueillis par des rangéesd’officiers de policemunis de filsbarbelés et de barres de métalempêchanttouteprogression. On a entendu le premiercoup de feuvers 15h00. Au troisièmecoup de feu, je mesuisinstinctivementpenchévers la gauche et aprèsquelquesinstantsj’airessentiunedouleurindescriptible au dos et auxjambes» déclareBabayan.

Babayan a étéblessé à la suite de l’explosiond‘unegrenadelancée par la police. Il n’asenti la blessureque plus tardivement.

Se remémorant la chaîned’évènements, ildéclare :«J’aisentiquemon dos étaittrempé et aprèsavoirjetéunoeil et interrogé les personnesautour de moi, j’aivuque du sang coulait ».

Il a étéemmené au centremédicalSourp Krikor Lousavoritch de Nor Norkpour y recevoiruneassistancemédicale.

Uneaffairepénale a étéouverte. Malheureusement, aucunprogrèsnotaben’aétéenregistréjusqu’àprésentdansl’affaire Sarkis Babayan.

«Jusqu’àprésent, ilresteimpossible de savoir par qui et par quel ordre la police a eurecours à uneforcedisproportionnée. Je ne comprendspascequeveutdirecesilence, peutêtrequ’ilsontdebordés et quecen’estpasencorenotre tour, je n’ensaisrien. Mais je suisoptimiste et je pensequenotreluttedonnera des résultats»,déclareBabayan.

Dans le cadre de l’affaire, les intérêts de Babayan sont représentés par Tigran Egorian, avocat et conseiller juridique principal de l’ONG Europe en droit. Selon lui, il est évident que la police a eu pour objectif de causer le plus grand préjudice aux participants du rassemblement en diminuant leurs rangs, en les intimidant et en les dispersant.

L’ingérence de la police était illégale et inadéquate, ce qui a porté atteinte au droit de Sarkis Babayan à la liberté de réunion pacifique et au droit de ne pas être soumis à la torture et à des traitements inhumains. À cet égard, à l’exception de l’affaire, les avocats d’Europe en droit ont également saisi le tribunal administratif de la RA en connection avec les actions de la police. A la suite de l’examen par le tribunal administratif, ils saisiront également la Cour europeenne des Droits de l’Homme – CEDH en cas de nécessité.